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Palais de la civilisation italienne


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Le Palais de la Civilisation Italienne (Palazzo della Civiltà Italiana), appelé également par les habitants de Rome le Colisée carré, est un des bâtiments les plus emblématiques de la culture italienne et certainement une des plus grandes réussites de l’architecture du XXème siècle. Originairement conçu pour l’exposition universelle de 1942 qui devrait se tenir dans la capitale italienne, ce bâtiment devait mettre en valeur l’art fasciste en fêtant les 20 années de la fameuse marche sur Rome du Mussolini (1922) ; fonction qu’il remplit à merveille du fait qu’il synthétise parfaitement les grands courants de l’art et l’architecture italienne pris par Benito Mussolini à partir des années 20.
Du rationalisme, il reprend la structure en répétition et le minimalisme général de la composition. Du Novecento, il reprend la structure des arcades arrondies propres au classicisme romain et une statuaire très proche des canons d’Art Déco tout en restant dans une symbolique proprement italienne. Et le tout dans une approche stylistique très proche des compositions du peintre de Giorgio De Chirico et que l’on nomme communément l’art métaphysique.

C’est à l’architecte et urbaniste Marcello Piacentini que l’on doit le cahier des charges de l’édifice. Ce sont Giovanni Guerrini, Ernesto Bruno La Padula et Mario Romano qui ont eu la charge d’édifier cette petite merveille  qui n’est malheureusement pas reconnue à son juste mérite du fait de sa connotation particulière.

Le Palais est en fait construit le plus simplement possible par une structure carrée en béton armé recouverte de tuf de calcaire qui donne un aspect blanc lisse. Composition carrée qui tient sur 6 niveaux d’une série de 9 arcades sur chacune des façades. A l’origine, tous les matériaux provenaient d’Italie.

Ce bâtiment, en plus de sa connotation symbolique, devait marquer le renouveau économique de l’Italie après l’énorme crise que le pays avait traversé au début du XXème siècle.

Sur l’attique du bâtiment est inscrite une phrase prononcée par Bénito Mussolini durant la campagne d’Ethiopie (1936) :

« Un popolo di poeti di artisti di eroi di santi di pensatori di scienziati di navigatori di trasmigratori »

trad. Un peuple de poètes, d’artistes, de héros, de saints, de penseurs, de scientifiques, de navigateurs, de voyageurs.

Au niveau sculptural, vous pourrez reconnaître aux quatre angles du périmètre du Palais,  Léda et Zeus, et deux groupes des Dioscures. Sept des neuf arcades du rez-de-chaussée abritent des statues représentant les sciences ou les arts, dues à des sculpteurs spécialisés de Massa Carrara, réputée pour ses carrières et ses travailleurs du marbre.

L’intérieur du bâtiment devait abriter l’exposition universelle qui n’a jamais eu lieu du fait de la seconde guerre mondiale. En fait, le Palais de la civilisation italienne n’a jamais réellement été occupé jusqu’à récemment où la marque italienne de luxe Findi  a pu avoir un droit de location du fait du mécénat du groupe LVMH pour restaurer l’édifice.

Le Palais de la civilisation est devenu avec le temps, un incontournable de Rome, un bâtiment à visiter, à méditer … que vous auriez tort de manquer lors d’une visite à Rome.

A noter qu’il a servi de décor à beaucoup de classiques du cinéma italien comme 81/2 de Fellini, Rome ville ouverte (1945) de Roberto Rossellini, O.K. Néron (1951) de Mario Soldati,  L’onorata società (1961), de Riccardo Pazzaglia , L’Éclipse (1962) de Michelangelo Antonioni,  Les tentations du docteur Antoine dans Boccace 70 (1962) de Federico Fellini, Siamo tutti pomicioni (1963) de Marino Girolami, Je suis une légende (1964) de Ubaldo Ragona, Io tigro, tu tigri, egli tigra (1978) de Renato Pozzetto e Giorgio Capitani, Le Ventre de l’architecte, 1987) de Peter Greenaway, Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur (Hudson Hawk, 1991) de Michael Lehmann , Titus  de Julie Taymor … et plus récemment de Equilibrium  de Kurt Wimmer, Streghe verso nord (2001) de Giovanni Veronesi, Notte prima degli esami (2006) de Fausto Brizzi, Nina (2012) d’Elisa Fuksas.